
Des nouvelles depuis l’Australie. Deja deux mois sans nouvelles, deux mois et demi depuis la France, Bientot 1 an et demi depuis le depart. Il n’y a definitivement que dans la peau du travailleur qu’on peut pleurer sur le temps qui passe. Et c’est aussi une bonne raison d’etre pour un nouveau depart.
A vrai dire quelque chose qui ressemble plus a des vacances qu’un voyage, reste que beaucoup de choses s’improvisent et que l’hesitation est lourde entre au revoir et adieu.
Voila donc déjà 5 mois de travail a Darwin. Une somme d’experiences. Je suis a l’aise dans le travail, j’apprends toujours un peu plus, chaque jour m’apporte son lot de vocabulaire, l’ambiance generale est sympathique. A tel point que le souvenir de mon experience professionnelle precedente m’apparait totalement irrealiste. Je me persuade que derriere des beaux discourts on vous cache de l’irrespect et tous ces non-dits sont bien naifs… Voila pourquoi se voyage est un en-avant, c’est pour aller voir ailleurs ce qu’il s’y passe qu’on murira un peu… Mieux j’espere. Et murir sous le soleil de Darwin necessite de ne pas trop y trainer. Ces derniers mois ont ete terriblement lent, mais rendez-vous compte que sous 38 degres et un soleil de plomb, on deviant vite un animal furtif, rasant les murs a la recherche d’un peu d’ombre, appreciant les bienfaits de la climatisation et les plongeons dans la piscine a peine moins chaude. Dans l’ete australien qui pointe a Darwin, je vois beaucoup d’ennui venir. Encore un de ces coins du nord de pays ou il est dit que l’on ne peut y vivre que si l'on y est ne. Et a ce moment precis, je ne me sens plus Darwinien, plus l'envie de rester, que ce soit pour voir un cyclone se pointer un beau jour de decembre, ou fondre sous le soleil en regardant les orages de chaleur un verre a la main. J’ai passé beaucoup de mon temps entre les quatre rues de la ville, et si je n’ai pas ete visiter les grandes attractions locales, c’est qu’a voir defiler le flot des touristes entre 6h00 et 7h00 du matin en direction des grands parcs ne me donne pas tellement envie, et parce que je suis sur que passer son week-end dans un appartement de la banlieu de Darwin avec les locaux dans leur quotidien est aussi interessant, meme si ce n’est pas aussi spectaculaire qu’un crocodile.
J’en aurais quand meme vu quelques-uns, et suivi de pres la chasse d’un jeune croc a l’aide d’un filet, mais l'animal peut a sa guise couler et camper au fond de la riviere, rendant l'approche tranquille par bateau difficile et le succes de l'operation aleatoire. En echangeant le filet contre une canne a peche, j'ai obtenu de biens meilleurs resultats, en chairs et en ecailles : un Barramundi. Les Aborigenes disent que le pecheur prend possession de l'esprit du poisson et de ses benefices eternels - la vie eternelle?? -. Cette partie de peche a eu lieu au milieu d’une ferme immense de 90 000 hectares, structure typique australienne, certaines ont la taille de regions francaises, voir de pays europeens. Tout ca represente une bonne partie des Territoires du Nord, ces immenses espaces deforment le temps, et quand tout s'arrete, on est encore bien loin de s'inquieter d'une suite. Il y a ici beaucoup de choses qui font rever, beaucoup de cartes postales que j’avais dans la tete, pris au beau milieu d’un livre scolaire de geographie. Mais la contemplation n’est pas le tout, et le reste est bien mince, voila le gros probleme. Venant d’un pays “historique”, marquee dans son architecture, sa mentalite peut-etre aussi, j’ai du mal a trouver des reperes dans mon nouvel espace, la vie culturelle a un mal-etre profond a Darwin, voir “pas-etre” tout court. Mais ce pays-continent est jeune (200 ans), et Darwin encore plus (33 ans depuis le dernier cyclone). Au final, travailler ici ou a Abu Dhabi ne doit pas faire beaucoup de difference. L’affaire a toutefois son cote interessant, pour moi, ca m’a permis de remettre mon compte en banquet a flot, et ainsi pouvoir bientot prolonger un peu plus cette grande ligne trace sur ma carte, et pour mon patron aussi, a la recherché d’une stabilite dans une ville ou une bonne partie de la population migre au fil des saisons, suivant les isothermes les moins chaudes. Alors la proposition faite a la forme d’un visa de travail pour 2 ans, a passer dans le “Northern territory”, a Darwin, Alice Springs et tout autour.
Mon visa actuel etant en partie travail et en partie vacances, j’ai decide d’utiliser cette autre moitie pour decouvrir un peu l’Australie, un pays qui m’est aujourd’hui plus comprehensible dans son language, ses moeurs. Et pour me lancer a la conquete de ces terres arides, j’ai investi dans une Ford Falcon, qui m’a coute du temps passé a l’ombre d’un bout de foret tropical, ou d’une mangrove, au bord de l’autoroute, la seule et unique. Mais les reparations sont faites, le temps devenu impossible, le cyclone peut-etre pas loin, il est bien temps de reprendre la route.
La premiere etape sera Cairns, sur la grande barriere de corail, a seulement trois ou quatre jours de route d’ici en traversant une belle partie d’Outback, le reste sera plus humanise, et pas forcement plus civilise, puisqu’il s’agit de la destination la plus touristique d’Asutralie, mais ce n’est qu’une premiere partie de voyage, la “Terre du sud” est grande…
C’est reparti pour l’aventure!!
A bientot pour la suite...
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