
Il y a 14 mois, Rémy Lefebvre partait faire le tour du monde. Durant un mois, il a posé ses valises en France, avant de repartir. Rencontre.
Parti il y a quatorze mois pour réaliser le tour du monde, Rémy Lefebvre est rentré en France depuis la mi-août. Son tour du monde est loin d'être terminé, mais il a profité du mariage de son frère pour venir revoir toute sa famille et ses amis.
Et il n'a pas changé ! Les yeux toujours aussi pétillants de rêve, d'enthousiasme... Néanmois, "il a beaucoup mûri", souffle son père, Jacques Lefebvre, heureux d'avoir retouvé l'aventurier de la famille.
Le courrier : Comment se sent-on lorsque l'on revient sur ses terres après avoir parcouru le monde pendant 14 mois?
Rémy Lefebvre : "C'est bizarre. En revenant ici, rien n'avait changé. J'ai l'impression d'être le seul à avoir changé, à avoir surtout changé de l'intérieur. J'ai vu plein de choses, j'ai ramené plein de souvenirs. J'ai l'impression que je pourrais partir dix ans et que rien ne changerait. Au final, on relativise les choses et on se dit qu'il faut en profiter."
LC : Où en êtes-vous de votre tour du monde ?
R.L. : "Après avoir traversé toute l'Asie, je suis arrivé en Australie le 19 juin. Un an exactement après le départ. J'ai trouvé un emploi à Darwin, comme géomètre. Tout en travaillant, je reste dans l'esprit du voyage puisque mon travail demande beaucoup de déplacements. Par ailleurs, je vais en profiter pour visiter. C'est plus en revenant en France que j'ai vraiment eu l'impression que le voyage était terminé. C'est là aussi qu'on réalise qu'en France, nous sommes dans un super pays. J'ai traversé des pays très pauvres où il n'y avait parfois même pas d'électricité, pas d'eau potable. J'avais parfois l'impression de retourner 100 ans en arrière... Peu de gens savent la chance qu'ils ont ici."
LC : Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre voyage ?
R.L. : "ça a été une grande aventure humaine, riche en découvertes et surtout une sacrée aventure intérieure. J'ai vu des paysages magnifiques, des villes énormes comme en Chine, des édifices extraordinaires comme la Grande muraille de Chine. Quand vous y êtes, cela vous fait encore rêver. Des lieux millénaires comme le temple d'Angkor, à deux pas de la jungle et qui a plus de 1500 ans.
Et puis ce voyage, ce fut l'occasion pour moi de me poser beaucoup de questions, surtout lorsque avec Benoît, en Chine, nous avons décidé de partir chacun de notre côté. Là, on a du mal à se trouver. On se demande pourquoi on est là, pourquoi rester, pourquoi continuer. C'est à ce moment là que j'ai compris pourquoi je voyageais. Ce n'était plus des vacances comme le début du voyage."
LC : Avez-vous connu des moments de doute, l'envie de rentrer ?
R.L. : "Il y a eu des moments durs. Jamais des moments où je me sentais en danger, mais parfois quand on se retrouve seul, que l'on sent la pression autour de soi, comme au Tibet ou en Inde, on se renferme, on se trouve un endroit calme et on se pose. C'est dans ces moments-là que l'on apprend beaucoup de soi, que l'on réfléchit au sens de la vie et on finit par s'endurcir. De toute façon, j'ai toujours gardé en ligne de mire l'Australie. C'était mon premier but. Je l'ai atteint."
LC : Qu'allez-vous faire désormais ?
R.L. : "Je repars en Australie dès dimanche. Là-bas, je vais travailler, je vais apprendre l'anglais, voir l'Australie et surtout refaire des économies car dans un an, j'aimerais repartir. Poursuivre mon tour du monde. Pas comme il était prévu initialement en Amérique du Sud, mais pourquoi pas l'Afrique ?"
Et Rémy de conclure : "J'ai fait des rencontres extraordinaires, j'ai vu des choses magnifiques, je me suis enrichi humainement, j'ai beaucoup avancé dans ma vie. Mais aujourd'hui, à 28 ans, j'ai l'impression que plus j'avance et plus je me rapproche vraiment de mon rêve. Le vrai voyage arrive doucement."
Propos recueillis par Sophie Rabot
l'article en ligne : http://www.lobservateurdelavesnois.fr/actualite/Glageon-:-Remy-Lefebvre-de-retour-en-France-461.html |