
Le route continue....
Je me suis arrete un peu a Saigon, calme et tellement plus reposante que Hanoi, d'immenses trottoirs pour deambuler tranquillement, des arbres sur les boulevards et des parcs pour chercher un peu d'ombre, le soleil tue doucement les volontes des 10h00 du matin depuis quelques jours. En s'eloignant du centre on plonge dans le desordre vietnamien, mais rien qui ne me choque...
Tout ce temps passe en Asie et la vie bouillonnante de la rue est devenu normale. Du bruit jusque tard le soir, des sollicitations la journees... Pas beaucoup de repos, mais qui pourrait reprocher aux gens de vivre? Tout ca deviendra un manque un jour, c'est sur. Peut-etre parce qu'ici on vit plus qu'ailleurs.
La maison vietnanienne a ceci de particuliers, qu'elle est ouverte sur la rue, on y voit tout ce qui s'y passe, le salon etant la piece unique. Et on doit vivre ici a bien plus qu'un petite famille, c'est plusieurs generations qui se croisent a l'interieur et en partie aussi sur la rue. Il devient tres pratique d'interpeler son voisin, qui vie par la meme occasion son existence de cette maniere ouverte a tous les yeux. Etonnant! Mais ainsi, le voisin n'est plus un etranger, le quartier est familier : des generations qui defilent dans "la maison ouverte a tous". J'ai toujours cette eternelle education qui s'etonne devant les moeurs des autres. Ici, a Saigon, on ne retrouve pas toute cette ouverture, la ville est plus individualiste, et pourtant, en y regardant de pres, toute l'activite dans les rues, les portes ouvertes, les gens dehors, c'est le meme schema applique a plus grande echelle.
Et puis l'acceuil. Comment oublier tous ces gens, toujours pres a vous interpeller, vous servir un the, curieux de savoir qui est l'etranger, eternel objet de curiosite. Bien sur dans les villes on tombe plus dans l'anonymat, et pourtant, les invitations ne manquent pas....
Imaginer un instant se promener en France, boire un cafe n'importe ou! Dans notre societe ou on a peur de l'autre. Avec raison? Sans raison? Etre un objet de curiosite a la peau coloree? Notre histoire est bien differente, peut-etre aussi sommes nous passe par-la, mais on l'a surement oublie?
J'ai parcouru assez rapidement le chemin entre Hanoi et Saigon. Une halte de quelques jours a Ninh Binh pour se ballader en velo sur les routes surplombants les rizieres, pedaler avec la maree humaine qui va aux champs, les outils ficelles sur le velo et le chapeau conique fixe sur la tete, un sourire pour moi qui partage leur destin ce matin. La route est semee d'eglises, en flouant des yeux les rizieres, on pourrait presque se croire en France. Tous ces gens qui travaillent ensemble, rient, partagent leur vie les pieds dans les pousses de riz, avec les buffles.
Apres Ninh Binh, je me suis arrete a Hue, la ville de l'offensive du Tet en 1968. La aussi beaucoup de calme dans les rues de la petite ville et les promenades le long de la riviere aux parfums sont si relaxantes. Et puis regarder les sampans qui descendent la riviere.
Hoi An etait jolie mais trop touristique, et toutes les derives sur les caracteres humains qui vont avec, prix abusif et negociation sans fin. Heureusement le marche aux poissons etait un ravissement pour les yeux : toutes ces especes incroyables qui vivent au fond des eaux. Et puis la plage Cua dai et l'ombre de ses palmiers...
Une derniere pause rapide a Nha trang avavt Saigon, pour y regarder le spectacle des vietnamiens, a 5h00 du matin, jouant au babington, se baignant, courant... Ou plutot marchant vite, faisant du Tai-Chi en groupe, jonglant ballon aux pieds... Incroyable! Un debordement d'agitation avant le travail, avec le lever du soleil sur la baie en toile de fond.
Le temps de quelques rencontres a Saigon, on apprend enormement de la vie locale : toute la politique du parti hurlee a travers les haut-parleurs des villes, la corruption presente absolument partout, au point que obtenir une place avec un salaire raisonnable (au moins 100 US$ - 70 euros par mois) il faut etre pistonne, etre au parti, paye des millions de Dongs pour corrompre un plus haut que soi dans la hierarchie...
Et puis j'ai pris un bus vers le delta du Mekong pour me rapprocher du Cambodge. Je me suis arrete a My Tho, mais le temps y etait etouffant. On m'a dit qu'au sud, face a la mer, une brise rafraichit. Un arret rapide a Can Tho et apres avoir essayer tant bien que mal de prendre le bus avec les locaux. Pas evident de pouvoir se permettre de payer le prix que les locaux paient, on ne voit pas pourquoi un occidental, plus riche, devrait payer autant qu'un vietnamien. Et on en arrive "presque" a comprendre quand la petite vieille qui tourne pour vendre ses billets de loterie vit avec 20000 Dongs par jour (1 euro = 25000 Dongs)...
A Ha Tien, la brise desiree est juste perceptible, rien qui ne fasse oublier le soleil de plomb de la journee, mais qui s'accorde parfaitement avec les activites locales : cafe glace, parasols et plage pour tout le monde... Et moi. Blanc a la peau qui brule au milieu des vietnamiens et vietnamiennes en chemise et pantalon pour se baigner... Apres une baignade a Ha Tien, il est possible d'etre decomplexe a vie...
J'essaie de trouver comment parcourir les 8 km qui mene au poste frontiere du Cambodge, ouvert depuis 8 mois aux etrangers, et vous raconte la suite du periple au Cambodge, au mois le plus etouffant de l'annee, a seulement une vingtaine de jours de la mousson...
A bientot! |